Il aurait pu rester dans son bureau.

Signer des papiers, gérer des budgets, assister à des réunions. C’est ce que font beaucoup. Mais le Dr VOHOD Deguimé, Maire de Mokolo, a choisi autrement.

UNE TERRE SOUS LA MENACE INVISIBLE

À Mokolo, dans la Région de l’Extrême-Nord, le soleil tape fort et la saison des pluies transforme chaque coin de rue en terrain fertile pour un ennemi redoutable : le moustique.

Chaque année, des enfants fiévreux. Des mères épuisées. Des familles décimées. Le paludisme n’est pas une statistique ici, c’est un voisin indésirable que tout le monde connaît, que tout le monde redoute.

La vie continue, mais avec cette ombre permanente. Ce fardeau silencieux que les communautés portent de génération en génération.

UN MÉDECIN DEVENU MAIRE

Quand le Dr VOHOD Deguimé prend ses fonctions à la tête de la commune, il n’arrive pas les mains vides. Il arrive avec une conviction que ses années de médecine lui ont forgée :

« On ne gagne pas contre le paludisme depuis un bureau. On le gagne dans les ruelles, dans les familles, dans les esprits. »

Ce n’est pas un slogan. C’est une philosophie de gouvernance. Et il va en faire l’un des moteurs de tout son mandat.

VOIR CE QUE LES CHIFFRES NE MONTRENT PAS

Dès ses premiers mois, le Dr VOHOD observe une réalité que les rapports ne capturent pas entièrement : des Agents de Santé Communautaire qui travaillent dans l’ombre, sans reconnaissance, sans encouragement. Des quartiers où les eaux stagnantes dorment tranquillement, incubatrices silencieuses de milliers de larves. Des familles qui attendent trop longtemps avant de consulter, par ignorance, par peur, parfois par manque de moyens.

Le système de santé existe. Les acteurs sont là. Mais il manque quelque chose d’essentiel : un ancrage local fort. Un leadership communal qui s’implique vraiment.

MOBILISER N’EST JAMAIS SIMPLE

Changer les habitudes d’une communauté, ce n’est pas une affaire de semaines. Les résistances existent. Les méfiances aussi. Les ressources sont limitées, et le paludisme, lui, ne prend pas de vacances. Il faut convaincre les chefs traditionnels que la prévention vaut autant que le traitement. Il faut expliquer aux familles pourquoi dormir sous une moustiquaire chaque soir peut faire la différence. Il faut motiver des agents de terrain qui s’épuisent sans jamais être reconnus.

Ce sont des batailles quotidiennes, invisibles, qui ne font pas la une des journaux. Mais ce sont elles qui, cumulées, font basculer les choses.

AGIR CONCRÈTEMENT, HUMAINEMENT

Alors le Dr VOHOD agit. Sans attendre. Sans déléguer l’essentiel.

Il tend la main aux Agents de Santé Communautaire, ces héros de l’ombre, et leur offre des primes d’encouragement. Un geste simple. Un message fort : « votre travail compte, votre engagement est vu. »

Il descend dans les quartiers avec les femmes, les jeunes, les anciens. Ensemble, ils nettoient, ils assainissent, ils détruisent les gîtes larvaires un à un, lors de grandes journées citoyennes qui rassemblent et qui soudent.

Il tisse des alliances là où elles n’existaient pas encore : entre la Mairie, les chefs traditionnels, les leaders religieux, les centres de santé, et des partenaires engagés comme AJERED-MT via le projet Equité Accès Palu porté par Impact Santé Afrique.

Il soutient activement les distributions de moustiquaires imprégnées (MILDA) dans tout le département du Mayo-Tsanaga. Il promeut la chimioprévention saisonnière (CPS) pour protéger les enfants les plus vulnérables. Il sensibilise les familles à consulter tôt, sans attendre que la fièvre soit trop forte.

« Prévenir vaut mieux que guérir. Et agir ensemble vaut mieux qu’agir seul. »

QUELQUE CHOSE CHANGE À MOKOLO

Ce n’est pas spectaculaire du jour au lendemain, mais c’est réel, palpable et durable. Une communauté qui s’approprie sa santé. Des agents valorisés qui s’investissent davantage. Des quartiers plus propres. Des enfants mieux protégés. Une dynamique collective qui s’installe, qui prend racine.

Le Dr VOHOD a démontré une vérité que beaucoup de décideurs oublient : lorsqu’un maire s’implique vraiment, c’est tout un système local qui se renforce. Les partenariats deviennent plus fluides, les communautés plus réceptives, les actions plus efficaces.

À Mokolo, le leadership municipal est devenu un pilier de la lutte contre le paludisme. Et cela change tout.

ET SI C’ÉTAIT POSSIBLE PARTOUT ?

Le paludisme ne sera pas vaincu uniquement par les médicaments ou les moustiquaires. Il sera vaincu par des hommes et des femmes de terrain. Par des leaders qui osent s’impliquer. Par des communautés qui choisissent d’agir ensemble.

Le Dr VOHOD Deguimé, Maire de Mokolo, en est la preuve vivante. Un médecin devenu élu, qui n’a jamais oublié pourquoi il avait choisi de soigner.

« Il aurait pu rester dans son bureau. Il a choisi le terrain. Et ce choix fait, chaque jour, une différence que les chiffres commencent à mesurer. »