Le 5 décembre 2025, à Accra, s’est tenu le Dialogue Régional sur la Résistance aux médicaments contre le paludisme en Afrique, en marge de la Conférence Internationale sur le VIH/SIDA et les Infections Sexuellement Transmissibles en Afrique (ICASA 2025). Cet événement organisé par  Impact Santé Afrique (ISA), en collaboration avec le Programme National d’Élimination du Paludisme du Ghana, le Partenariat RBM pour Mettre fin au Paludisme, Medicines for Malaria Venture (MMV), Target Malaria, Temple University, Normal Life Pictures et Hope For Future Generations (HFFG) a rassemblé les partenaires des ministères, les institutions de recherche, la société civile et les agences techniques, tous mobilisés pour faire face à une réalité émergente : la résistance aux médicaments anti-paludiques.

Le timing de ce dialogue était important. La dernière édition du Rapport Mondial sur le Paludisme de l’OMS révèle des signes précoces de résistance dans plusieurs pays africains. La situation est d’autant plus critique que l’efficacité des traitements actuels ne peut plus être considérée comme acquise. Cette urgente réalité a été présentée lors de la projection du documentaire #ProtectTheCure, qui relate les expériences vécues par les familles, les travailleurs de la santé et les scientifiques.

 

 

En ouvrant le dialogue, Dr Hafez Adam, représentant le ministre de la Santé du Ghana, a réaffirmé l’engagement du Ghana à rester en avance sur la résistance par une forte surveillance, le respect des recommandations de l’OMS, et une planification politique proactive. Le message était clair : la préparation doit précéder la crise.

 

L’appel à une action mondiale

 

Linda Mafu du Fonds Mondial a partagé des réflexions sur la nécessité d’actions scientifiques et politiques pour protéger les traitements contre le paludisme. Elle a insisté sur le fait que l’investissement régulier dans les systèmes de surveillance, la prévention, et l’accès à des soins efficaces est crucial pour maintenir les progrès réalisés.

Maciej Boni, membre de l’équipe ayant réalisé le documentaire, a rappelé que la résistance à l’artémisinine, confirmée en Afrique de l’Est en 2020, s’est maintenant propagée à plusieurs pays, rendant essentiels les efforts de préparation précoce en Afrique de l’Ouest. Il a encouragé la diffusion du documentaire Protect The Cure, notamment ceux destinés aux agents de santé communautaires.

Un besoin impératif d’une coordination régionale

Dr. Benjamin Djoudalbaye from Africa CDC emphasized that resistance does not respect borders, making the sharing of information and collective surveillance indispensable. Dr. Felicia Owusu-Antwi from WHO, in her presentation on resistance markers, confirmed that while many treatments remain effective, it is urgent to strengthen surveillance systems to detect changes as early as possible. Dr. André Marie Tchouatieu from MMV presented new non-artemisinin combinations under development and explained how these could help delay the emergence of resistance in the future.

Participants then watched the first chapters of the documentary, showcasing families, healthcare professionals, and scientists from several African countries. The stories speak for themselves and illustrate why acting quickly is vital to protect this treatment.

 

 

Dr Benjamin Djoudalbaye de l’Africa CDC a souligné que la résistance ne connaît pas de frontières, rendant indispensable le partage d’informations et la surveillance collective. Dr Felicia Owusu-Antwi de l’’OMS, dans sa présentation sur les marqueurs de résistance, a confirmé que si de nombreux traitements restent efficaces, il est urgent de renforcer les systèmes de surveillance pour détecter les changements dès que possible.

Dr André Marie Tchouatieu de MMV a présenté les nouvelles combinaisons sans artémisinine en cours de développement et expliqué comment celles-ci pourraient contribuer à retarder l’apparition d’une résistance à l’avenir.

 

 

Les participants ont par la suite visionné les premiers chapitres du film documentaire, qui présentent des familles, des professionnels de santé et des scientifiques dans plusieurs pays africains. Les récits parlent d’eux-mêmes et montrent pourquoi il est important d’agir rapidement pour protéger ce traitement.

Discussions sur les stratégies à adopter

 

 

Lors de la discussion de panel, Dr Hilarius Abiwu, chef du Programme National d’Élimination du Paludisme du Ghana, a confirmé que les médicaments contre le paludisme au Ghana restent très efficaces, avec des taux de guérison proches de 100 %. Cependant, il a précisé que ne pas agir rapidement n’était pas une option. Par ailleurs, des stratégies telles que l’exploration de combinaisons de trois médicaments ont été envisagées pour rester en tête de la résistance.

Krystal Birungi de Target Malaria a évoqué l’évolution des moustiques et l’augmentation des cas de paludisme parmi les adolescents, soulignant l’importance d’une collaboration intersectorielle. De son côté, Hon. Mark Nawaane, membre du Parlement et représentant de COPEMA, a mis en avant le rôle des parlementaires dans la surveillance des médicaments et l’advocacy budgétaire.

Cecilia Senoo de Hope For Future Generations a lié la résistance aux pratiques courantes de la communauté, comme le traitement incomplet et l’utilisation de médicaments non vérifiés. Elle a souligné la nécessité de changer les comportements et d’éduquer les communautés, tout en encourageant les autres pays à tirer des leçons de l’approche du Ghana.

 

 

En clôturant le dialogue, Dr Abiwu a réitéré que protéger le traitement est une responsabilité partagée, qui exige un investissement soutenu, de l’innovation, et la collaboration entre différents secteurs et pays.

À travers ce dialogue régional, les partenaires ont réaffirmé un engagement collectif à agir rapidement, à penser régionalement, et à protéger les outils qui continuent de sauver des millions de vies.

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