
Le 9 septembre 2025, Nairobi a accueilli une rencontre stratégique consacrée à l’introduction de nouveaux répulsifs spatiaux. L’initiative, portée par la multinationale américaine SC Johnson spécialisée dans la fabrication des produits de lutte antiparasitaire, a rassemblé un large éventail d’acteurs : Parlementaires africains, experts des Ministères de la Santé et Programme Nationaux de Lutte contre le Paludisme, représentants des ONG et de la société civile, et partenaires du secteur privé.
La Coalition des Parlementaires pour l’Élimination du Paludisme en Afrique (COPEMA) était représentée par l’Honorable Dr Mark Nawaane (Ghana) et l’Honorable Santa Okot (Ouganda). Leur participation a rappelé que la lutte contre le paludisme ne relève pas seulement des experts techniques : elle exige aussi une volonté politique constante.

Le nouveau répulsif présenté a été validé par l’Organisation Mondiale de la Sante en août 2025, qui recommande son utilisation en complément de la moustiquaire imprégnée d’insecticide à longue durée d’action (MILDA). Produit localement au Kenya depuis janvier 2025, il offre une protection continue contre les moustiques pendant une année entière. Avec une capacité de production annuelle de 20 millions d’unités, son potentiel est considérable. Déjà testé au Rwanda, il a permis de réduire de plus de 50 % les cas de paludisme dans certains districts grâce à une approche de distribution communautaire.

Au-delà de l’innovation technologique, les échanges ont mis en lumière les enjeux politiques. Le panel consacré au rôle des parlementaires a souligné que l’intégration de ces innovations dans les directives nationales nécessitera plus qu’une validation technique : elle demandera des financements durables, une coopération frontalière renforcée et des choix politiques courageux. Les parlementaires COPEMA ont insisté sur le fait que, malgré les acquis, le paludisme reste une menace. L’adoption d’outils nouveaux comme les répulsifs spatiaux, en plus des outils existants qui sont efficaces comme les moustiquaires, représente une chance d’accélérer les progrès.

Les recommandations issues de cette rencontre ont mis en avant trois priorités :
– renforcer la collaboration régionale entre parlementaires,
– intensifier la sensibilisation communautaire,
– impliquer davantage le secteur privé pour garantir un accès équitable aux nouveaux produits.
Des questions transversales telles que la gestion des déchets, l’adaptabilité logistique et la durabilité des initiatives ont également été soulignées. De son côté, le secteur privé a réaffirmé son engagement à soutenir les processus d’homologation et à accompagner les programmes nationaux pour une lutte plus intégrée contre le paludisme en Afrique.